Pourquoi j’ai fait une pause tricot d’un an (et comment j’ai repris)

Il y a quelques années, j’ai posé mes aiguilles, pas pour quelques semaines, pas le temps d’un projet. Un an entier, presque.

Moi qui tricote et crochète depuis plus de vingt ans. Moi qui ai écrit un livre sur le crochet. Moi dont les mains ont toujours eu besoin de créer pour se sentir bien.

Et pourtant. Je vous raconte ça aujourd’hui parce que je sais que je ne suis pas la seule. Et parce que ce qui m’a permis de reprendre a tout changé – pas seulement dans ma pratique, mais dans ma relation à la création.

Quand la surcharge mentale a eu raison de ma créativité

Ce n’est pas arrivé d’un coup, ça s’est installé doucement, comme souvent.

La vie s’est accélérée, les journées se sont remplies. Et le soir, quand je m’asseyais enfin, je n’avais plus d’énergie. Même pour tricoter, moi qui y trouvais pourtant un espace de méditation, un ralentissement, presque un rituel.

Quelque chose s’était cassé. L’envie était là quelque part, mais enfouie sous trop de fatigue pour remonter. Alors j’ai arrêté, sans réellement m’en rendre compte. Mes aiguilles ont commencé à traîner sans que j’y touche, mon stock de laine a pris la poussière, sans projet. Et avec ça… la culpabilité.

Cette petite voix qui dit : « Tu devrais tricoter. Tu aimais ça. Pourquoi tu n’y arrives plus ? »

Si vous avez déjà ressenti ça, vous savez à quel point c’est épuisant.

Une feuille de papier, et tout a commencé là

Un jour, j’ai décidé de faire un grand point sur ma passion pour comprendre, pour me retrouver sans me mettre la pression.

J’ai pris une feuille et un stylo, et j’ai commencé à noter tout ce dont j’avais besoin pour m’organiser, mais aussi tout ce dont j’avais besoin pour remettre de l’émotion dans ma pratique.

J’ai écrit les émotions qui me traversaient quand je tricotais ou crochetais. Les projets en cours, ceux que j’avais laissés en pause. Mon stock de laine. Mes envies. Mes motivations – celles qui me donnaient vraiment envie de reprendre un projet, pas celles que je m’imposais.

En posant les choses par écrit, en regardant ma pratique avec honnêteté et sans jugement, j’ai retrouvé de l’espace pour l’envie de revenir.

C’est comme ça que sont nés mes premiers outils. Ce n’était pas une idée de produit – c’était une réponse à un vrai besoin, vécu de l’intérieur. Je les ai utilisés, j’ai vu que ça m’avait redonné envie, et j’ai voulu les partager.

Ce que ça a changé concrètement

Dans les six mois qui ont suivi, j’ai tricoté deux pulls et une écharpe – avec de la laine que j’avais déjà en stock.

J’ai repris des encours que je croyais abandonnés pour toujours. Certains, j’ai choisi de les détricoter – sans culpabilité, parce que je savais pourquoi je les lâchais.

Et j’ai revu tout mon stock, doucement, à mon rythme. Mais j’ai fini par savoir ce que j’avais vraiment. Cette clarté m’a libérée.

Plus besoin de racheter ce que j’avais déjà. Plus de culpabilité face aux pelotes oubliées. Juste des projets choisis avec intention, et le plaisir de créer retrouvé.

Et si vous traversez la même chose ?

Si vous lisez cet article en reconnaissant votre propre histoire – les aiguilles qui traînent, le stock qui culpabilise, l’envie quelque part mais l’énergie nulle part – je veux vous dire quelque chose.

Une pause, ce n’est pas un abandon. C’est souvent le signe que votre relation à la création a besoin d’un peu de douceur et de clarté. Pas de plus de projets ni plus de laine. Juste un espace pour poser les choses – et parfois, quelques personnes bienveillantes pour vous rappeler que l’envie est toujours là.

La reprise vient quand elle vient. Vous n’avez pas à la forcer.

Mais si vous sentez que c’est le chaos autour qui freine plus que l’envie elle-même – c’est peut-être par là que ça commence.

Reprendre en douceur, ça commence par savoir ce qu’on a.

Vous voulez aller plus loin ?

Bon courage, et surtout – soyez douce avec vous-même.

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