Vous avez des restes de laine tricot qui s’accumulent et vous ne savez plus quoi en faire ? J’ai peut-être le projet qu’il vous faut.
J’ai tricoté le Larkin Knit, un petit pull enfant top-down en construction raglan, en utilisant uniquement des restes de laine tricot. Une dizaine de fins de pelotes, toutes différentes, qui prenaient de la place dans mon stock sans trouver de projet.
Résultat : un pull coloré, vivant, et unique. Et un stock allégé avec beaucoup de satisfaction.
Je vous explique comment je l’ai tricoté et je partage avec vous le patron, le choix de mes fils, et surtout ma méthode pour créer un dégradé que j’ai bien aimé, avec des laines qui n’avaient rien à voir les unes avec les autres et qui me restaient.
Le Larkin Knit
Le Larkin Knit est un patron de Park Williams, conçu spécifiquement pour utiliser des restes de laine tricot. C’est la version bébé/enfant (de naissance à 10 ans) de son Stay Pull, qui existe en version adulte avec exactement le même principe.
Le concept est simple et malin : plutôt que de tricoter avec une pelote classique, on crée un fil “bulky” en tenant plusieurs fils fins ensemble, des restes de différents poids et matières. Ce mélange de fils crée un tissu marbré, riche, impossible à reproduire. Chaque pull est unique.
C’est aussi une excellente façon de s’initier à la construction raglan top-down sans se ruiner. Et si vous n’avez pas assez de restes, pensez aux ressourceries et aux brocantes où on trouve souvent des pelotes à prix très doux, parfois de vraies pépites. Pas besoin de dye-lots assortis, pas besoin d’acheter en grande quantité : c’est exactement le projet où la laine de seconde main brille.

Comment choisir ses restes de laine tricot : la clé du projet
C’est là que tout se joue. Le patron ne vous dit pas quoi tricoter ensemble, il vous donne la liberté totale. Voici comment j’ai procédé.
La règle de base : tenir les fils ensemble pour obtenir un poids bulky
Quelques combinaisons possibles selon ce que vous avez en stock :
- 1 fil worsted + 2 fils fingering ou lace
- 1 fil aran + 1 fil fingering
- 4 fils fingering ensemble
- 2 fils worsted ensemble
- 1 fil bulky seul
Il n’y a pas de recette parfaite. Vous apprendrez vite ce qui fonctionne pour votre tension personnelle.
Ma méthode : construire son dégradé avant de tricoter
La première chose que j’ai faite, et que je referai à chaque fois, c’est de réfléchir à mon dégradé avant de monter la première maille. Je sors toutes mes restes de laine tricot candidates, je les pose côte à côte, et je construis la progression visuellement.
La prochaine fois, je prendrai une photo de mes pelotes disposées en ordre. C’est le genre de détail qui aide énormément à visualiser le résultat final et à ne pas se perdre en cours de route. Je vous recommande vraiment de faire pareil.
Étape 1 : Une base neutre J’ai commencé avec une couleur neutre, du gris, tenu en fil principal. Ce gris traverse tout le pull et joue le rôle d’unificateur. Même quand les autres couleurs changent, le gris est toujours là pour harmoniser l’ensemble et éviter les contrastes trop brutaux.
Étape 2 : L’introduction progressive des couleurs J’ai ensuite introduit doucement des couleurs chaudes : du jaune, du moutarde, du vert jaune, toujours mélangées avec le gris. Au début, le gris dominait largement. Puis les couleurs ont pris de plus en plus de place, pour revenir progressivement vers une dominante grise en fin de pull.
Étape 3 : Le mélange pour éviter les transitions brutales Le secret du marbré réussi, c’est de ne jamais changer tous les fils en même temps. Quand je voulais introduire une nouvelle couleur, je remplaçais un seul fil sur deux ou trois et je gardais les autres. Ça crée une transition douce, presque imperceptible, qui donne cette impression de dégradé naturel.
Étape 4 : Ne pas chercher la symétrie Le patron le dit lui-même : vous n’avez pas à changer de couleur en début de rang. Changez quand vous le sentez, même au milieu d’un rang. C’est ce qui crée le tissu marbré plutôt que des rayures nettes.


Les détails techniques du patron
Le Larkin Knit se tricote de haut en bas, à plat pour le début de l’empiècement (pour le façonnage de l’encolure), puis en rond.
Aiguilles : 6,5mm pour le corps, 5mm pour les côtes
Jauge : 14 mailles et 20 rangs / 10cm en jersey en rond, bloqué
Tailles : naissance à 10 ans (7 tailles)
Métrage : environ 250 à 800 mètres selon la taille, idéal pour les restes de laine tricot
La construction raglan est simple à suivre, et comme c’est tricoté top-down, vous pouvez essayer le pull sur l’enfant au fur et à mesure pour ajuster la longueur du corps et des manches. C’est un vrai avantage quand on tricote pour des enfants qui grandissent vite.
Pour la version adulte, le Stay Pull fonctionne exactement de la même façon, avec les mêmes principes de mélange de restes.
Ce que ça m’a appris sur mon stock de laine
Ce projet a été une vraie révélation sur mes restes de laine tricot.
J’avais une dizaine de fins de pelotes que je ne savais pas comment utiliser : trop peu pour un projet classique, trop belles pour être données. En les tenant ensemble, elles ont trouvé leur raison d’être.
Mais pour y arriver, il fallait que je sache ce que j’avais : le type de fil, la quantité restante, le poids, la matière. Parce que tenir un lace avec un bulky ça ne donne pas la même chose que deux worsted ensemble, et sans cette information, on tâtonne.
C’est exactement pourquoi j’ai créé Le Trésor de laine : pour noter tout ça. Le type de fil, la quantité restante, la composition, le grammage. Le tout trié par catégorie de fil, pour s’y retrouver rapidement. Et pour ce pull, je l’ai beaucoup utilisé : j’ai pu identifier chaque fil facilement et rapidement, ce qui m’a vraiment facilité la création du projet. Quand je commence un projet comme celui-ci, je sais en quelques secondes quelle pelote utiliser, avec quel fil l’associer, et d’un seul coup d’œil, je vois les couleurs qui peuvent être associées entre elles.
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Mes conseils avant de vous lancer
Faites un échantillon, même imparfait. Sur ce projet, c’est compliqué : les laines sont toutes différentes, donc l’échantillon ne sera jamais vraiment représentatif du pull entier. Mais faites-le quand même, pas pour contrôler le rendu des couleurs, mais pour connaître votre tension avec les fils que vous avez choisis de tenir ensemble. C’est cette information qui vous permettra de choisir la bonne taille. Par exemple, je sais que je tricote un peu serré, donc je prends toujours une taille d’aiguille au-dessus pour obtenir la bonne tension. C’est le genre de détail que seul votre échantillon peut vous révéler.
Commencez par le neutre. Si vous n’avez pas de stratégie couleur, démarrez avec votre fil le plus neutre et ajoutez les couleurs progressivement. Vous pouvez toujours aller vers plus de couleur, mais il est difficile de revenir en arrière.
Gardez une couleur “pont”. Un fil qui se marie avec tout, gris, beige, naturel, et que vous tenez en permanence avec les autres. C’est lui qui garantit l’harmonie de l’ensemble.
Changez les couleurs au milieu des rangs. Pour le marbré, c’est le truc le plus efficace. Résistez à l’envie de tout changer en début de rang.
Tricotez les deux manches en même temps. C’est une technique que j’ai utilisée pour ce pull et c’est vraiment une révélation. Franchement, c’est trop beau ! J’étais extatique. En tricotant les deux manches simultanément sur la même aiguille circulaire avec deux pelotes séparées, vous avez la garantie absolue qu’elles seront identiques : mêmes longueurs, mêmes dégradés de couleur, mêmes diminutions. Sur un projet où les fils changent constamment, c’est un gain de temps et de sérénité énorme.
Et d’ailleurs, je me lancerais bien dans la version adulte, le Stay Pull, pour continuer à écouler mon stock de laine. L’aventure n’est pas terminée !
Et vous, avez-vous déjà tenté un projet avec vos restes de laine tricot ? Qu’est-ce que vous avez utilisé pour écouler vos fins de pelotes ? Je suis curieuse de découvrir vos solutions en commentaire.
Charlotte







